Guide permis d'exploitation Publié le · 7 min de lecture

Les formalités après le permis d’exploitation

Le permis en poche, il vous reste la déclaration en mairie, des documents à réunir et quelques formalités selon votre activité. Voici la liste complète, dans l'ordre.

Obtenir son permis d'exploitation est la première étape, pas la dernière. Tant que votre établissement n'est pas déclaré en mairie, vous n'avez pas le droit de servir de l'alcool.

Les formalités qui suivent se répartissent en trois familles : la déclaration de votre licence, les documents à tenir dans l'établissement en cas de contrôle, et quelques démarches propres à votre activité. Nous les reprenons une par une.

Sommaire 7 min

Déclarer votre établissement en mairie

C’est la formalité qui transforme votre permis en droit d’exploiter. Sans elle, aucune licence ne vous est délivrée.

Le formulaire CERFA 11542*05

La déclaration préalable d’ouverture, de mutation, de translation ou de transfert d’un débit de boissons se fait au moyen du formulaire CERFA 11542*05.

Vous le déposez à la mairie de la commune d’implantation. À Paris, la démarche s’effectue auprès de la préfecture de police. En Alsace-Moselle, des règles locales particulières s’appliquent.

Les pièces demandées varient d’une commune à l’autre, mais le socle reste stable.

  • Votre permis d’exploitation en cours de validité
  • Une pièce d’identité
  • Un justificatif d’immatriculation de l’entreprise
  • Le formulaire CERFA complété et signé

Renseignez-vous auprès de votre mairie avant de constituer le dossier : certaines demandent des pièces complémentaires, notamment un justificatif de jouissance du local.

Si vous n’avez pas encore suivi votre formation permis d’exploitation, c’est le préalable à tout le reste : sans permis, la mairie n’enregistrera pas votre déclaration.

Quand déposer la déclaration

Au moins 15 jours avant l’ouverture, la mutation ou le transfert. Ce délai n’est pas indicatif : une ouverture sans déclaration préalable vous expose à une fermeture administrative prononcée par le préfet.

Si vous reprenez un établissement déjà titulaire d’une licence, la déclaration reste obligatoire. La licence appartient au fonds, le permis appartient à l’exploitant : le changement de personne déclenche une nouvelle déclaration.

Le récépissé vaut licence

La mairie vous remet un récépissé de déclaration. C’est lui qui matérialise votre licence, et c’est ce document que l’on vous demandera en cas de contrôle.

Faites-en plusieurs copies dès sa remise, et conservez l’original en lieu sûr.

Selon votre établissement et ce que vous comptez servir, la licence à déclarer n’est pas la même. Notre guide vous aide à identifier la vôtre : quelle licence pour vendre de l’alcool.

Si votre projet suppose une licence 4, elle s’obtient par deux voies que nous détaillons séparément : l’achat d’une licence 4 ou la location d’une licence 4. Pour une licence 3, la démarche est plus simple.

Les documents à tenir dans l’établissement

Un contrôle peut intervenir à tout moment, sans préavis. Quatre documents doivent être présentables immédiatement, sur place.

DocumentQui le délivrePoint de vigilance
Permis d’exploitationVotre organisme de formation agrééVérifiez sa date d’échéance, il est valable 10 ans
Récépissé de déclarationLa mairie, ou la préfecture de police à ParisC’est votre preuve de licence
Attestation d’hygiène alimentaireVotre organisme de formationL’organisme doit être autorisé par la DRAAF
Registre de sécuritéVous, et vos prestataires techniquesChaque intervention doit y être visée

Votre permis d’exploitation

Le contrôleur vous demandera de le présenter pour vérifier qu’il est bien à votre nom et toujours valide.

Conservez plusieurs exemplaires de votre permis.

En cas d’incendie, de dégât des eaux ou simplement d’égarement, votre organisme de formation peut vous établir un duplicata. Encore faut-il vous souvenir de son nom. Notez-le quelque part, avec la date de votre session.

L’attestation de formation hygiène alimentaire

Si vous servez des denrées alimentaires, au moins une personne de l’établissement doit avoir suivi la formation hygiène alimentaire, d’une durée de 14 heures.

L’attestation doit être délivrée par un organisme autorisé par la DRAAF. Nous détaillons ce qu’elle doit mentionner et ce que vérifie un inspecteur dans nos guides dédiés : l’hygiène alimentaire en restauration et le contrôle d’hygiène en restaurant.

Le registre de sécurité

Il consigne l’ensemble des vérifications techniques de votre établissement : extincteurs, dégraissage des hottes, installations électriques, systèmes d’alarme.

Chaque intervenant doit viser le registre après son passage. Il peut être demandé lors d’un contrôle de la commission de sécurité, de l’inspection du travail ou de la médecine du travail.

Les formalités liées à votre activité

Les trois démarches qui suivent ne concernent pas tous les établissements. Vérifiez lesquelles s’appliquent à la vôtre.

Vous manipulez des denrées d’origine animale

Vous devez déclarer votre activité auprès de la DDPP de votre département, la direction départementale de la protection des populations. Il s’agit de la déclaration de manipulation de denrées alimentaires d’origine animale.

Elle se fait désormais en ligne, sur service-public.fr.

Vous proposez de la restauration

Un restaurant est dispensé de demander un agrément sanitaire, mais la réglementation lui impose de rédiger un plan de maîtrise sanitaire, le PMS. Ce document écrit couvre les bonnes pratiques d’hygiène, le plan HACCP, la traçabilité et la gestion des produits non conformes.

Sa rédaction demande un peu de méthode. Nous la détaillons partie par partie dans notre guide : rédiger son plan de maîtrise sanitaire.

Vous organisez des spectacles

Si vous programmez des concerts ou des spectacles vivants, une déclaration peut s’ajouter à vos obligations.

Depuis octobre 2019, l’ancienne licence d’entrepreneur de spectacles est remplacée par un récépissé de déclaration d’activité d’entrepreneur de spectacles vivants, valable cinq ans et renouvelable.

Pour un bar ou un restaurant, où le spectacle est une activité secondaire, l’obligation s’applique à partir de sept représentations par an. En dessous de ce seuil, aucune déclaration n’est exigée à ce titre.

Les conditions à remplir et la procédure sont décrites sur le site du ministère de la Culture et sur service-public.fr. Elles font appel à des critères de diplôme, d’expérience ou de formation que nous ne détaillons pas ici.

N’oubliez pas les affichages obligatoires.

Protection des mineurs, répression de l’ivresse publique, interdiction de fumer, prix des consommations : plusieurs affichages sont exigés dans votre établissement et font partie des premiers points vérifiés lors d’un contrôle. Nous les recensons ici : les affichages obligatoires des bars et restaurants.

À retenir
  • La déclaration se fait avec le CERFA 11542*05, en mairie, au moins 15 jours avant l’ouverture.
  • Le récépissé remis par la mairie est votre preuve de licence. Faites-en des copies.
  • Quatre documents doivent rester dans l’établissement : permis, récépissé, attestation d’hygiène alimentaire et registre de sécurité.
  • L’attestation d’hygiène alimentaire doit être délivrée par un organisme autorisé par la DRAAF.
  • Si vous manipulez des denrées d’origine animale, déclarez votre activité auprès de la DDPP.
  • Si vous faites de la restauration, vous devez rédiger un plan de maîtrise sanitaire.
  • Au-delà de sept représentations par an, une déclaration d’entrepreneur de spectacles s’ajoute.

Questions fréquentes sur les formalités après le permis d’exploitation

Le formulaire CERFA 11542*05. Il sert à déclarer l’ouverture, la mutation, la translation ou le transfert d’un débit de boissons. Vous le déposez à la mairie de la commune d’implantation, ou à la préfecture de police si votre établissement se situe à Paris.
Au moins 15 jours avant l’ouverture, la mutation ou le transfert. Ce délai est impératif : une ouverture sans déclaration préalable expose à une fermeture administrative prononcée par le préfet.
Le socle commun comprend votre permis d’exploitation en cours de validité, une pièce d’identité, un justificatif d’immatriculation de l’entreprise et le formulaire CERFA complété. Certaines communes demandent des pièces complémentaires, notamment un justificatif de jouissance du local : renseignez-vous avant de constituer le dossier.
Quatre documents doivent être disponibles sur place : votre permis d’exploitation, le récépissé de déclaration remis par la mairie, votre attestation de formation hygiène alimentaire, et le registre de sécurité à jour.
Votre organisme de formation peut vous établir un duplicata. Il vous faut donc retrouver le nom de l’organisme auprès duquel vous avez suivi la formation, ainsi que la date approximative de votre session. Conservez plusieurs copies de votre permis pour éviter cette situation.
Oui. La licence appartient au fonds de commerce, le permis d’exploitation appartient à la personne. Le changement d’exploitant déclenche une déclaration de mutation, même si l’établissement fonctionne depuis des années.
Lorsque le spectacle est une activité secondaire, l’obligation s’applique à partir de sept représentations par an. Depuis octobre 2019, l’ancienne licence d’entrepreneur de spectacles est remplacée par un récépissé de déclaration d’activité, valable cinq ans et renouvelable.
Oui pour tout établissement proposant de la restauration. Il dispense de l’agrément sanitaire mais doit être rédigé et tenu à jour. Il comporte quatre parties : les bonnes pratiques d’hygiène, le plan HACCP, la traçabilité et la gestion des produits non conformes.
Stéphane GELY

Rédigé par

Stéphane GELY

Directeur et responsable formation

Dirigeant et formateur chez AVENTUM. Fort de plus de 15 ans d’expérience en hôtellerie-restauration, il accompagne les professionnels du secteur, notamment sur les formations au permis d’exploitation et en hygiène alimentaire (HACCP).

Formation liée à cet article

Formation permis d'exploitation initial