Autorisation de vente d’alcool : quelles démarches et règles ?

Ouvrir un bar, un restaurant, une épicerie ou tenir une buvette lors d'un événement : dès qu'il y a vente de boissons alcoolisées, une autorisation est nécessaire.

Il n'existe pas une autorisation unique, mais trois dispositifs complémentaires : une licence, un permis d'exploitation et une déclaration en mairie.

L'ordre dans lequel les obtenir compte:

  1. Obtenir un permis d'exploitation, à l'issue d'une formation réglementaire.
  2. Déposer la déclaration en mairie, avec le permis à l'appui.
  3. Attendre 15 jours après la déclaration pour ouvrir. C'est elle qui rend la licence exploitable.

On n'obtient donc pas une licence avant d'avoir son permis : c'est le permis qui ouvre l'accès à la licence.

Cette page détaille chaque étape, les délais, les pièces à fournir et les sanctions encourues en cas de manquement.

Dans cet article, vous découvrirez

Quelle autorisation selon votre activité ?

Tous les établissements qui vendent de l'alcool sont des débits de boissons : bars, restaurants, hôtels, chambres d'hôtes, snacks, discothèques, épiceries, food trucks.

L'autorisation dépend de deux critères : le mode de consommation, sur place ou à emporter, et le degré d'alcool des boissons proposées.

Votre activité La licence adaptée Permis d'exploitation
Bar, café, snack, discothèque Licence III jusqu'à 18°, licence IV pour tous les alcools Obligatoire
Restaurant, alcool servi aux repas Petite licence restaurant jusqu'à 18°, licence restaurant pour tous les alcools Obligatoire
Épicerie, caviste, supérette, vente en ligne Petite licence à emporter ou licence à emporter Non, sauf vente entre 22 h et 8 h
Table d'hôtes, chambre d'hôtes Petite licence restaurant ou licence restaurant Obligatoire, format adapté d'une journée
Association, buvette d'événement Autorisation temporaire délivrée par la mairie Non
Vous ne servez aucun alcool Aucune licence nécessaire Non

Le détail de chaque licence figure dans notre guide des licences pour vendre de l'alcool. Pour un restaurant, voir notre article sur quelle licence choisir pour son restaurant.

Vous vendez déjà sur place et souhaitez vendre à emporter
  • Aucune démarche supplémentaire n'est nécessaire.
  • L'article L3331-3 du code de la santé publique prévoit que les titulaires d'une licence à consommer sur place ou d'une licence de restaurant peuvent vendre pour emporter les boissons correspondant à leur licence.

Quel degré d'alcool êtes-vous autorisé à vendre ?

La réglementation ne raisonne pas en degrés mais en groupes de boissons. Votre licence détermine les groupes que vous pouvez proposer.

Ils sont numérotés 1, 3, 4 et 5. Il n'existe plus de groupe 2 : l'ordonnance du 17 décembre 2015 a fusionné les anciens groupes 2 et 3 sans renuméroter l'ensemble.

Groupe Boissons concernées
Groupe 1 Boissons sans alcool : eaux, jus de fruits, sodas, café, thé, lait. Vente libre, aucune licence
Groupe 3 Boissons fermentées non distillées jusqu'à 18° : vin, bière, cidre, poiré, hydromel, vins doux naturels, vins de liqueur, apéritifs à base de vin, crèmes de cassis et liqueurs de fruits
Groupe 4 Rhums, tafias, alcools issus de la distillation de vins, cidres, poirés ou fruits
Groupe 5 Toutes les autres boissons alcooliques : whisky, vodka, gin, pastis, liqueurs fortes

Une licence III ou une petite licence couvre les groupes 1 et 3. Une licence IV ou une licence complète couvre l'ensemble des groupes autorisés.

La question revient souvent pour la bière : elle appartient au groupe 3, une licence III suffit donc. Le détail est expliqué dans notre article sur la différence entre licence 3 et licence 4.

Étape 1 : le permis d'exploitation

C'est le préalable à toute déclaration en mairie. Il s'obtient à l'issue d'une formation réglementaire dispensée par un organisme agréé par l'État.

La formation porte sur la réglementation des débits de boissons, la prévention et la lutte contre l'alcoolisme, la protection des mineurs, la répression de l'ivresse publique et la législation locale.

Aux termes de l'article L3332-1-1 du code de la santé publique, elle est obligatoire pour toute personne déclarant un débit de boissons à consommer sur place de 3e ou 4e catégorie, ainsi que pour les établissements pourvus d'une petite licence restaurant ou d'une licence restaurant.

Trois points à retenir.

  • Il est nominatif : il suit l'exploitant, pas le local ni la société. En cas de reprise, le permis du cédant ne vous couvre pas.
  • Il est valable 10 ans, puis renouvelable par une formation de mise à jour.
  • Il donne lieu à la remise du formulaire officiel CERFA n° 14407.

Sa durée dépend de votre profil : 20 heures sur 2,5 jours pour une première exploitation, 7 heures pour les exploitants justifiant de 10 ans d'expérience ou pour un renouvellement. Voir nos formations au permis d'exploitation.

Il n'est pas exigé pour une licence à emporter exploitée en journée. Dans ce cas, la déclaration en mairie suffit.

Si vous exploitez à plusieurs, voir notre article sur le permis d'exploitation des cogérants.

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CERFA officiel délivré en fin de session, organisme agréé par l'État

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Étape 2 : la déclaration en mairie

La licence ne se demande pas, elle se déclare. Aucune autorisation préalable n'est délivrée : vous déposez un dossier et vous recevez un récépissé.

Vous vous adressez à la mairie du lieu d'exploitation, ou à la préfecture de police pour Paris. Le service compétent varie selon les communes : police municipale, affaires générales, commerce. Demandez le service en charge des débits de boissons.

Les pièces à fournir

  • le formulaire CERFA n° 11542*05, déclaration préalable d'ouverture, mutation, translation ou transfert ;
  • un justificatif d'identité ;
  • votre permis d'exploitation, lorsqu'il est requis ;
  • un document établissant votre qualité d'exploitant et l'adresse du local.

Certaines mairies réclament des pièces supplémentaires, extrait Kbis ou bail commercial. La notice du formulaire ne prévoit que le CERFA et le justificatif d'identité. Vous pouvez les fournir pour accélérer le traitement, tout en sachant ce qui est réglementairement exigible.

Un conseil de terrain : veillez à ce que l'agent ne conserve pas l'original de votre permis d'exploitation. Il vous resservira, notamment en cas de transfert ou de contrôle.

Les délais à respecter

Situation Délai avant exploitation
Ouverture, mutation ou translation 15 jours au minimum
Décès de l'exploitant précédent Déclaration dans un délai d'un mois

Ce délai de 15 jours est incompressible. C'est lui qui détermine votre date d'ouverture, et la raison pour laquelle le permis d'exploitation doit être passé tôt dans votre calendrier de projet.

Étape 3 : après la déclaration

La mairie vous remet un récépissé. Il atteste de votre déclaration et conditionne la légalité de votre exploitation. Conservez-le : il vous sera demandé lors d'un contrôle.

Toute évolution significative doit ensuite faire l'objet d'une nouvelle déclaration, dans les mêmes formes.

  • La mutation : changement d'exploitant ou de propriétaire du fonds.
  • La translation : déplacement du débit à l'intérieur de la même commune.
  • Le transfert : déplacement vers une autre commune, soumis à conditions. Voir notre article sur le transfert d'une licence 4.
  • La modification des locaux ou un changement de gérance.

Un point souvent découvert trop tard : passer d'une entreprise individuelle à une société constitue un changement d'exploitant. La déclaration est à refaire.

Attention également à la péremption : une licence de 3e ou 4e catégorie qui cesse d'être exploitée pendant plus de cinq ans est considérée comme supprimée. Les licences restaurant ne sont pas concernées par ce délai.

Les horaires de vente autorisés

Contrairement à une idée répandue, aucune règle nationale ne fixe les horaires en fonction de la licence détenue. Un bar sous licence III et un bar sous licence IV relèvent des mêmes horaires dans un même département.

Les heures d'ouverture et de fermeture sont fixées par arrêté préfectoral, et elles varient fortement d'un département à l'autre. Des arrêtés municipaux peuvent les restreindre davantage.

Trois règles complémentaires méritent d'être connues.

  • Des dérogations existent, accordées par le maire ou le préfet, à titre ponctuel ou temporaire.
  • Les établissements dont l'activité principale est l'exploitation d'une piste de danse relèvent d'un régime propre : fermeture fixée par décret à 7 heures, et arrêt de la vente d'alcool pendant l'heure et demie qui précède. Cette règle ne s'applique pas aux bars ni aux restaurants.
  • La vente à emporter entre 22 h et 8 h suppose le permis de vente de boissons alcooliques la nuit, sauf si vous détenez déjà une licence III, IV ou restaurant.

Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre préfecture avant de fixer vos horaires. La réglementation locale prime.

Vendre de l'alcool sans autorisation : quelles sanctions ?

Exploiter un débit de boissons sans licence, ou en dehors du cadre de celle que vous détenez, constitue une infraction pénale. Les sanctions se cumulent souvent : une amende, puis une mesure administrative.

Manquement Sanction encourue
Ouverture sans déclaration préalable Amende pouvant atteindre 3 750 €, assortie d'une fermeture administrative
Exploitation sans permis d'exploitation Amende pouvant atteindre 3 750 € et fermeture administrative temporaire
Vente hors du cadre de la licence Délit d'ouverture illicite de débit de boissons. C'est notamment le cas d'un restaurant qui sert de l'alcool en dehors des repas
Vente en dehors des horaires autorisés Amende pouvant atteindre 750 €
Vente ou offre gratuite d'alcool à un mineur Amende de 7 500 €, avec interdiction possible d'exploiter la licence pendant un an
Vente à une personne manifestement ivre Contravention, aggravée en cas de récidive

Au-delà de l'amende, le préfet peut prononcer une fermeture administrative, temporaire ou définitive, ainsi que le retrait de la licence. En cas de faits graves ou répétés, des poursuites pénales s'ajoutent.

Les contrôles sont menés sans préavis par les forces de l'ordre, la police municipale et la DGCCRF. Ils portent en priorité sur la détention de la licence et du récépissé, l'affichage du panonceau, la protection des mineurs et le respect des horaires.

Le détail des règles applicables figure sur le portail Entreprendre du service public.

Le cas des autorisations temporaires

Une association, une collectivité ou un organisateur d'événement peut vendre de l'alcool sans licence permanente, dans le cadre d'une autorisation temporaire délivrée par la mairie.

Trois limites encadrent ce dispositif : une durée restreinte, un nombre d'autorisations plafonné par an, et une restriction aux boissons des groupes 1 et 3.

Les organisateurs restent responsables de la sécurité, du contrôle de l'âge des participants et de la tenue du point de vente.

Le détail des conditions et de la demande figure dans notre article dédié : la réglementation des débits de boissons temporaires.

Vos obligations permanentes

La licence obtenue, plusieurs règles s'appliquent en continu, quel que soit votre établissement.

  • L'interdiction de vente aux mineurs, sans exception. Vous pouvez et devez exiger une pièce d'identité en cas de doute.
  • L'interdiction de servir une personne manifestement ivre.
  • L'interdiction de vente à crédit de boissons alcoolisées.
  • Le respect des zones protégées, définies par arrêté préfectoral autour des établissements scolaires, sportifs ou de santé.
  • Les affichages obligatoires : panonceau de licence, protection des mineurs, étalage des boissons sans alcool. Voir notre guide de l'affichage obligatoire dans les bars et restaurants.
À retenir
  • Trois dispositifs se combinent : une licence, un permis d'exploitation et une déclaration en mairie.
  • L'ordre compte : le permis d'abord, la déclaration ensuite, l'ouverture 15 jours plus tard.
  • Le permis d'exploitation est nominatif et valable 10 ans. Il n'est pas exigé pour une licence à emporter en journée.
  • Les horaires relèvent de l'arrêté préfectoral, pas de la catégorie de licence.
  • Exploiter sans déclaration expose à 3 750 € d'amende et à une fermeture administrative.

Questions fréquentes sur les autorisations de vente d'alcool

Trois dispositifs se combinent : une licence adaptée à votre activité, un permis d'exploitation obtenu à l'issue d'une formation réglementaire, et une déclaration en mairie. L'ordre compte : le permis d'abord, la déclaration ensuite, puis l'ouverture au minimum 15 jours plus tard.
L'ouverture d'un débit de boissons sans déclaration préalable expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros, assortie d'une fermeture administrative. Vendre en dehors du cadre de sa licence constitue un délit d'ouverture illicite de débit de boissons. Le préfet peut également prononcer le retrait de la licence.
La réglementation raisonne en groupes de boissons, pas en degrés. Le groupe 1 rassemble les boissons sans alcool, en vente libre. Le groupe 3 couvre les boissons fermentées non distillées jusqu'à 18 degrés. Les groupes 4 et 5 regroupent les alcools distillés et supposent une licence IV ou une licence à emporter complète.
La bière appartient au groupe 3. Une licence III suffit pour la servir sur place, une petite licence restaurant pour l'accompagner d'un repas, une petite licence à emporter pour la vendre en bouteille. Aucune licence IV n'est nécessaire.
Oui pour les débits de boissons à consommer sur place de 3e et 4e catégorie, ainsi que pour les établissements pourvus d'une petite licence restaurant ou d'une licence restaurant. Non pour une licence de vente à emporter exploitée en journée : la déclaration en mairie suffit alors.
Ils sont fixés par arrêté préfectoral et varient selon les départements, sans distinction entre licence III et licence IV. Les établissements dont l'activité principale est une piste de danse relèvent d'un régime propre. La vente à emporter entre 22 h et 8 h suppose le PVBAN.
Oui, dans le cadre d'une autorisation temporaire délivrée par la mairie, sans licence permanente. Elle est limitée dans la durée, plafonnée en nombre par an et restreinte aux boissons des groupes 1 et 3. Les organisateurs restent responsables du contrôle de l'âge des participants.
Un changement d'exploitant constitue une mutation, à déclarer en mairie dans les mêmes formes que l'ouverture, avec un délai de 15 jours. Le permis d'exploitation du cédant ne vous couvre pas : il est nominatif, vous devez passer le vôtre. Transformer une entreprise individuelle en société relève de la même règle.
Oui. Une licence de 3e ou 4e catégorie qui cesse d'être exploitée pendant plus de cinq ans est considérée comme supprimée. Les licences restaurant ne sont pas soumises à ce délai de péremption.

Votre permis d'exploitation, préalable à toute licence

Formation en visioconférence, CERFA officiel délivré en fin de session, organisme agréé par l'État

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Stéphane Gély

Dirigeant et formateur chez AVENTUM. Fort de plus de 15 ans d’expérience en hôtellerie-restauration, il accompagne les professionnels du secteur, notamment sur les formations au permis d’exploitation et en hygiène alimentaire (HACCP).